Profil Cardiaque

Lors d’un infarctus du myocarde l’augmentation du taux de L. D. H. est tardive, elle débute à la dixième heure, atteint son maximum à la 48 ou 70e heure et le retour à la normale s’effectu en quinze jours. L’enzyme cytoplasmique, le lactate déshydrogénase (LDH) est présent dans tous les tissus de l’organisme humain, dans les cellules sanguines nucléées, les érythrocytes et les plaquettes.

La LDH catalyse l’oxydation réversible du L-lactate en pyruvate, en présence de NAD+ comme accepteur d’hydrogène. La dernière étape de la glycolyse en anaérobiose, permet de produire de l’ATP et du NAD+. En aérobiose, le pyruvate formé est utilisé dans la néoglucogenèse pour régénérer de l’ATP et du NADH2.

Son élévation sérique est le signe sensible et précoce d’une lésion tissulaire, même modérée et cliniquement silencieuse. L’élévation ASAT > ALAT : causes musculaires et cardiaques est observée au cours des atteintes du foie, du poumon, des muscles, mais est surtout utilisée pour le diagnostic et le suivi d’un infarctus du myocarde (elle s’élève environ 1 jour après le début de la douleur, est maximale au 2eme jour et se normalise après le 6eme jour) Le diagnostic d’infarctus du myocarde est posé habituellement suite a une douleur rétrosternale aigue et des signes électrocardiographiques. Cependant, la symptomatologie douloureuse peut être atypique, l’électrocardiogramme peut être normal. Dans ces cas, l’étude des marqueurs biochimiques cardiaques acquiert une importance extrême pour le diagnostic d’infarctus du myocarde. De même, en milieu chirurgical, la recherche de lésions myocardiques, même minimes, nécessite l’utilisation de marqueurs biochimiques qui peuvent parfois mettre en évidence des micronécroses post-chirurgicales. Le premier marqueur de l’infarctus du myocarde, l’aspartate transaminase (ASAT, TGO) a été utilisé pour la première fois il y a plus de quatre décennies. Depuis, d’autres marqueurs cardiaques ont été découverts et leur utilisation en routine a été développée. Il s’agit des marqueurs enzymatiques (créatine kinase ou CK et son isoenzyme CK-MB, lactate déshydrogénasse ou LDH et son isoenzyme alphaHBDH) ou non enzymatiques (troponines T et I cardiaques, myoglobine, chaînes légères de la myosine) dont la spécificité cardiaque est très variable d’une molécule à l’autre.

Devant un nombre toujours croissant de marqueurs cardiaques, le clinicien est tout à fait en droit de se poser des questions quant à leur utilité. En cas de suspicion de lésion myocardique, faut-il demander un dosage de tous les marqueurs biochimiques, seulement des marqueurs traditionnels ou uniquement des nouveaux marqueurs ? De plus, leur efficacité allant de pair avec une spécificité de plus en plus grande, il est tentant d’évaluer l’aspect économique de ces dosages par rapport à certains examens paracliniques cardiologiques effectués dans un contexte de souffrance myocardique. Les valeurs usuelles retenues sont les suivantes : ASAT 5-40 U/l, LDH 200-600 U/l, CK 40-290 U/l, CK-MB 6-16 U/l.



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